Zéro déchet : mise en contexte

En relisant mes précédents articles sur le sujet, j’ai remarqué que je n’ai pas expliqué comment j’ai découvert ce mouvement ni pourquoi j’ai eu envie d’essayer!

Le 9 février dernier, Béa Johnson (auteure du livre Zéro déchet et du blogue Zero Waste Home) était de passage à l’émission Tout le monde en parle, sur les ondes de Radio-Canada. Comme je n’ai pas la télé dans mon appartement, je suis tombée sur l’entrevue alors que j’en cherchais une autre, quelques jours plus tard, sur la page web de l’émission. La description ayant piqué ma curiosité, j’ai donc regardé la-dite entrevue et instantanément, comme pour bien d’autres personnes, cette femme est devenu un de mes modèles. Tu sais, quand on dit « plus tard, je vais être comme… » : bah c’était ça! Dès que l’entrevue s’est terminée, je suis immédiatement allée jeter un coup d’œil à son blogue que j’ai adoré! Mais comme pour le véganisme, j’ai pris mon temps pour bien peser les pour et les contre, parce que, on va se le dire, vivre sans créer de déchets, ça ne se fait pas de la même façon selon l’endroit où l’on vit! C’est donc le 18 avril que j’ai acheté le livre de Johnson… et que je l’ai lu. Au complet.

Et donc, pourquoi ai-je décidé de m’y mettre aussi (à mon rythme, évidemment)? Je vais essayer de m’expliquer clairement…

Mars 2013. Je vis en résidence scolaire et je mange très peu de viande parce que je n’aime pas en préparer et je suis souvent fatiguée. Je commence donc à faire des recherches sur les substituts pour la viande (bref, le végétarisme) et j’étais déjà en train d’essayer de trouver des moyens d’être plus « écolo ». Rapidement, je trouve plus facilement des sites/blogues végétaliens que végétariens. C’est ainsi que je découvre le végétalisme et, un peu plus tard, le véganisme. La grande amoureuse des animaux que je suis était très enthousiaste à l’idée de pouvoir manger (et se vêtir, et se laver) sans causer de tord à ceux-ci. Toutefois, ce n’était pas encore assez pour me convaincre d’y aller à fond par peur d’être jugée « trop sensible ». J’ai donc continué mes recherches dans l’espoir de trouver d’autres points positifs à ce mode de vie et, à ma grande joie, j’ai découvert qu’un régime 100% végétal était beaucoup moins polluant qu’un régime carné. Je n’avais plus le choix! Pour le reste de l’histoire, il faut lire mon blogue du début à la fin! 😉

« Mais pourquoi le Zéro déchet? C’est pas assez d’être végane? »

Personnellement, si quelque chose me permet de réduire encore d’avantage mon empreinte écologique, je suis prête à l’essayer! J’entends et lis trop souvent des choses comme « Oh c’est affreux ce qu’on fait à la planète! Il est temps que le gouvernement fasse quelque chose! » ou des gens qui disent haut et fort que les énergies renouvelables, c’est l’avenir… tant que le champ d’éoliennes ne se trouve pas dans leur cour! Bien sur, j’ai longtemps fait partie de ces gens qui voulait voir du changement, mais qui n’étaient pas prêts à changer leurs habitudes. Aujourd’hui, j’essaie de me dissocier de ce groupe et de pratiquer ce que je prêche, plutôt que d’attendre que nos élus mettent la main à la pâte (parce que c’est pas avec Stephen Harper comme premier ministre qu’il va y avoir des actions concrètes pour protéger l’environnement!).

Pour déformer une célèbre déclaration du philosophe René Descartes :

Je pense, donc j’agis!

Petit clin d’œil à
Petit clin d’œil à « Cowspiracy » : « Réalisez-vous que 75% des américains se considèrent environnementalistes? Ne croyez-vous pas que l’on pourrait régler ce problème en un claquement de doigts? Tout ce dont nous avons besoin, c’est que ces « environnementalistes » pratiquent ce qu’ils prêchent – et nous serions dans la bonne voie pour le changer le monde » – traduction libre

Et donc, comment on applique le Zéro déchet? C’est très simple :

  1. Refuser (ce dont on a pas besoin)
  2. Réduire (ce dont on a besoin)
  3. Réutiliser (ce qui peut l’être)
  4. Recycler (ce qui ne peut être réutilisé)
  5. Composter (ce qui ne peut être recyclé)
  6. Jeter le reste (ce qui ne peut être composté, mais évidemment, il faut le faire le moins possible!)

Voici donc une petite liste d’où j’en suis rendue dans mes alternatives Zéro déchet :

  • J’utilise des sacs réutilisables lors de mes achats depuis plusieurs années, mais cet été, j’ai commencé à utiliser des filets réutilisables pour les fruits et légumes plutôt que les sacs en plastique mis à notre disposition dans les supermarchés.
  • Toujours depuis cet été, je sépare les matières organiques et les « vrais déchets » dans deux poubelles distinctes, pour reprendre mes bonnes habitudes en attendant la mise en place (prochaine) de la collecte des matières compostables dans mon arrondissement (chez mes parents, on composte depuis déjà plusieurs années, mais habiter dans un petit sous-sol – donc, pas de balcon ni assez d’espace à l’intérieur pour un lombricomposteur – ni avoir accès à un terrain complique les choses lorsqu’on veut composter). Depuis, nous (mes deux colocs et moi) sortons la poubelle environ au deux semaines (mais le bac à recyclage n’a jamais été aussi plein. Une étape à la fois…)!
  • J’ai presque complètement banni les essuie-tout, que je remplace par des linges à vaisselle ou en micro-fibre (j’en garde toujours un rouleau d’urgence pour les boules de poils de Madame Minou, qui sont assez difficiles à nettoyer sur du tissu).
  • Depuis la rentrée, j’ai mis un chronomètre dans la salle de bain, pour limiter le temps passé dans la douche.
  • J’ai banni les cotons-tiges. De toute façon, on arrête pas de nous répéter que c’est dangereux.
  • J’ai toujours un sac réutilisable (pliable) dans mon sac à dos et mon sac à main pour les achats imprévus.
  • J’ai enfin commencé à utiliser les barres d’alimentations comme elles sont sensées être utilisées, c’est-à-dire les éteindre lorsqu’on n’a pas besoin d’utiliser les appareils qui y sont branchés.
  • J’utilise une brosse réutilisable pour enlever les poils de chats sur les meubles et les vêtements.
  • Ma vadrouille pour laver les planchers n’a besoin que d’eau et de savon (de son choix!).
  • J’ai récupéré beaucoup de pots en verre et en plastique (majoritairement des pots de sauce et de beurre d’arachide!).*
  • Je me suis acheté un casque de vélo (j’utilisais celui de mon père en attendant) et des sacs pour mettre derrière mon vélo, qui sera mon principal moyen de transport après la marche et les transports en commun.
  • J’ai fait du ménage dans mes vêtements, mes livres, mes effets de cuisine, mes notes de cours, mes partitions : j’ai gardé ce dont j’avais besoin, vendu une bonne partie de ce dont je n’avais pas besoin et donné le reste.
  • J’ai mis un collant « Pas de pub S.V.P. » sur ma boîte aux lettres, quelques jours après avoir lu « Zéro déchet ». Ce n’est pas la solution miracle, mais j’ai quand même remarqué une bonne diminution de publicité dans mon courrier!

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Et une petite liste des choses que je veux mettre en place à court et moyen terme :

  • *Acheter en vrac avec mes contenants récupérés (grains, céréales, pâtes, farine, savons, shampooing, huiles, vinaigre, etc.). ce que je pense faire dès ce mois-ci : j’ai assez de contenants, j’ai trouvé une boutique facilement accessible en transport en commun (détail important pour moi qui n’a pas de voiture et qui, de toute façon, n’aime pas vraiment conduire), qui accepte qu’on apporte nos propres contenants ET qui donne un rabais de 15% sur toute la marchandise en vrac (car ils n’y vendent pas que du vrac) le dernier dimanche de chaque mois!
  • Arrêter de laisser l’eau couler dans la douche lorsque je n’en ai pas besoin (avec l’hiver qui arrive et ses douches chaudes, ça risque d’être peu tentant, mais je vais faire des efforts!).
  • Côté bouffe, faire le plus de chose possible moi-même (sans tomber dans l’excès, comme l’a expérimenté Béa Johnson dans ses débuts).
  • Passer aux serviettes hygiéniques réutilisables ou la coupe menstruelle.
  • Me faire une petite trousse de couture de base pour réparer mes vêtements, au besoin (surtout que je n’ai pas renouvelé mes vêtements avec des vêtements cheaps!)
  • Aller plus souvent dans les friperies et magasins d’occasion avant d’acheter neuf.
  • Composter (pour vrai) mes restes de tables (et tout ce qui sera accepté dans la collecte de mon arrondissement).
  • Troquer mes produits ménagers pour des alternatives Zéro déchets (et souvent, c’est aussi des alternatives véganes).

Et, comme j’en ai glissé un mot dans un de mes derniers articles, voici (finalement) la liste (toujours grandissante) des blogues/comptes Instagram/ETC  que j’aime particulièrement (autre que Zero Waste Home):

Bon, avec tout ça, ça fait un texte assez long, mais qui, j’espère, vous éclaire un peu plus par rapport à ma démarche! 🙂

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12 thoughts on “Zéro déchet : mise en contexte

  1. J’ai juste besoin d’exulter (via ce commentaire) ma joie de découvrir qu’en réalité, il y a pas mal de blogs francophones (majoritairement québécois) qui se lancent dans le zéro déchet ! Je vais donc pouvoir profiter d’autres sources d’expériences car je viens de me lancer le même défi (et je commence à réaliser qu’un an pour en arriver à zéro déchet était peut-être utopiste, mais j’essaierai de m’en rapprocher autant que possible). C’est drôle mais d’ailleurs, les blogueurs que j’ai vu se lancer dedans sont 1. des nanas 2. généralement des végétariennes/vétaliennes/vegan (le goût du changement difficile, sûrement :p). Ici en France, à moins d’habiter une grande ville (et encore), c’est pas franchement accessible au quotidien.

    En plus c’est mal connu, un jour j’ai demandé un sandwich végétarien dans une boulangerie et la vendeuse m’a dit « oh mais on en a même des végétaliens si vous voulez !
    – Woahou sérieusement ? Et qu’y a-t-il dedans ?
    – Juste du thon. »

    Bref, ici y a du chemin à faire, niveau information ^^

    Et pour obtenir des produits sans emballages, je suis en train de prendre conscience que c’est galère aussi. Les produits vendus en vrac sont limités, parfois même sur les marchés on tient absolument à nous emballer les produits (« question d’hygiène ma p’tite dame »),.. Heureusement il existe pas mal d’alternatives, mais il faut quand même faire se lever tôt pour les trouver. Je passe beaucoup de temps à m’informer, mais j’imagine que ce n’est pas à la portée de ceux qui ont une vie de famille et/ou vie professionnelle très chargée (ou même ceux dont ce n’est pas la priorité).

    Pour toutes ces raisons, je suis très heureuse d’être tombée sur ton blog (via celui de Kolibri) qui est à la fois passionnant, vivant et attachant ! Je vais avoir beaucoup de lecture prochainement… 😉

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    1. @Lou : « […] je suis très heureuse d’être tombée sur ton blog […] qui est à la fois passionnant, vivant et attachant! ».

      Aww, merci! :3

      Et c’est drôle, parce que de mon côté, j’ai l’impression que le Zéro déchet est plus populaire en France qu’au Québec, mais c’est vrai que j’en entends un peu plus parler par chez moi! Et j’ai aussi remarqué que c’est majoritairement des femmes végéta*ienne (mon hypothèse est que c’est tout simplement plus facile d’avoir une alimentation sans déchet en mangeant 100% végétal – pas besoin de débattre avec le boucher/fromager).

      Bienvenue dans le ZW Club et bonne lecture! 😉

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  2. Encore un point pour la coupe menstruelle que je conseille fortement !

    Merci pour ces pistes !
    Je me demande pour les filets réutilisables destinés aux achats de fruits et légumes… où tu colles l’étiquette de prix ? sur le filet directement ? Ca me gêne de plus en plus de prendre plein de plastiques pour acheter des fruits et légumes frais, je veux trouver une solution… Où trouves-tu des filets d’ailleurs ?

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    1. @Peuvent-ils souffrir : Les étiquettes des fruits et légumes sont collés sur ces derniers (je vais encore à mon supermarché, donc…) et comme mes filets sont assez transparents, ont voit très bien à travers. C’est ma mère qui me les a achetés chez Metro (chaine de supermarchés québécoise), mais comme Béa Johnson l’écrit dans « Zéro déchet », des filets à linge (pour faire la lessive) peuvent aussi très bien faire l’affaire, mais comme ils sont souvent plus opaques, il faudrait en effet trouver un moyen de mettre les étiquettes dessus!

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  3. Tu parles de passer aux serviettes réutilisables ou à la coupe menstruelle : Je te conseille fort la coupe menstruelle !! Beaucoup plus de liberté, pas d’odeur, facile à nettoyer et désinfecter, on peut la garder 8h d’affilée sans risquer fuites ou infections !
    Testée et approuvée !
    🙂

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